1,9 million de Palestiniens déplacés, selon l’ONU
Depuis l’attaque menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 — qui a coûté la vie à environ 1 200 personnes et conduit à la prise de 251 otages — Israël a lancé une vaste campagne militaire dans la bande de Gaza.
Au 12 mai 2026, plus de 72 000 Palestiniens ont perdu la vie, d’après le ministère de la Santé du gouvernement Hamas à Gaza. L’ONU, de son côté, estime que plus de 1,9 million de Palestiniens ont été contraints de fuir leurs foyers.
Les forces israéliennes contrôlent actuellement environ 60 % du territoire gazaoui. Pourtant, les récentes déclarations du Premier ministre Benjamin Netanyahu laissent clairement entendre que l’offensive israélienne est loin d’être terminée.
L’objectif fixé : 70 % du territoire
Lors d’un forum organisé en Cisjordanie occupée, Netanyahu a révélé qu’il avait personnellement ordonné à l’armée de prendre le contrôle de 70 % de la bande de Gaza. Un membre de l’assistance l’aurait interpellé en réclamant une occupation totale du territoire.
« Nous sommes actuellement sur 60 % du territoire de la bande de Gaza. Nous étions à 50 %, nous sommes passés à 60 % », a déclaré Netanyahu, avant de détailler la prochaine étape de l’opération militaire.
« Mon instruction est d’avancer, pas à pas. En premier lieu, 70 %. Commençons par là », a-t-il ajouté. Cette progression graduelle dépasse déjà les limites établies lors du cessez-le-feu du 10 octobre, période à laquelle Israël contrôlait environ 52 % du territoire.
Netanyahu a défendu ces actions en les plaçant exclusivement sous l’angle sécuritaire. « Nous soumettons le Hamas. Nous savons exactement quelle est notre mission, et nous n’en avons qu’une seule : faire en sorte que Gaza ne constitue plus une menace pour Israël », avait-il déclaré à la mi-mai.
Des frontières invisibles pour contrôler une population
Depuis près de huit mois, l’armée israélienne s’appuie sur des délimitations invisibles pour encadrer les déplacements de la population. Les troupes ont tracé une ligne jaune virtuelle qui a confiné 2,1 millions d’habitants sur moins de la moitié de la bande de Gaza — sans jamais matérialiser cette frontière par un obstacle physique.
Fin mars, les commandants ont ajouté une ligne orange sur leurs cartes. D’après l’organisation non gouvernementale Gisha, cette nouvelle délimitation empêche les groupes internationaux d’accéder à une zone de 174 kilomètres carrés. Aucune ONG ne peut s’y déplacer sans autorisation directe des forces israéliennes.
Le Hamas a vigoureusement condamné ces redécoupages territoriaux, accusant Israël de violer l’accord de cessez-le-feu afin d’asseoir durablement sa domination militaire sur la région.
Des responsables du Hamas ont qualifié ces mesures de « sape explicite et continue de l’accord de cessez-le-feu, violation grave de ses dispositions et tentative manifeste d’imposer par la force de nouveaux faits sur le terrain, dans le but de consolider le contrôle militaire sur Gaza et de compromettre toute chance réelle de stabilisation ».
Le bilan humain selon l’ONU
Dans un rapport de synthèse sur la question palestinienne publié le 20 avril 2026, l’ONU a confirmé que 1,9 million de Palestiniens avaient été déplacés depuis le début du conflit. Ce chiffre illustre l’ampleur sans précédent de la crise humanitaire qui se déroule dans l’enclave.
Sources : Gisha, EFE, BBC, ONU












