« Mon propos, c’est que dans la situation actuelle, nous devons voir les choses en grand », a déclaré Stubb lors de la conférence sur l’énergie.
Une vision qui dépasse les frontières habituelles
Les alliances traditionnelles sont soumises à des pressions sans précédent, et les dirigeants cherchent des réponses audacieuses pour garantir la sécurité de leurs nations. Dans ce contexte tendu, un chef d’État vient de lancer une idée pour le moins spectaculaire concernant l’avenir d’un grand bloc international.
Penser à une échelle radicalement différente
C’est lors du sommet Eurelectric Power, ce mercredi à Helsinki, qu’un discours a véritablement frappé les esprits. Le président finlandais Alexander Stubb est monté sur scène pour appeler les dirigeants politiques à repenser en profondeur le fonctionnement de l’Union européenne.
Selon lui, le paysage géopolitique actuel exige une expansion massive du bloc. La puissance régionale dépend directement de la taille et du poids d’un ensemble politique, a-t-il soutenu, plaidant pour que l’UE atteigne une quarantaine de membres.
Mais c’est sur un allié nord-américain que sa proposition a fait le plus d’effet. Face au public réuni, il a lancé : « Ne serait-il pas formidable que le Canada soit le 28e État de l’Union européenne, plutôt que de devenir le 51e État des États-Unis ? »
Des élargissements qui s’étendent bien au-delà de l’Europe
Pour Stubb, élargir l’alliance suppose d’abord de regarder du côté des voisins les plus proches, y compris d’anciens membres. Il a ainsi exprimé sa volonté de réintégrer le Royaume-Uni au sein de la communauté européenne.
Si Londres devait refuser un retour complet, le dirigeant finlandais souhaite néanmoins maintenir les responsables britanniques aussi proches que possible des institutions européennes. Il a également mis en avant d’autres partenaires régionaux qu’il juge indispensables.
L’Ukraine, la Moldavie et la Géorgie figurent parmi les pièces essentielles du puzzle selon lui. Et puis il y a une relation historiquement complexe que beaucoup de politiques préfèrent ignorer.
« Nous devons aussi commencer à discuter sérieusement de la Turquie », a affirmé Stubb, avertissant qu’il est absolument nécessaire de maintenir Ankara dans l’orbite européenne pour des raisons fondamentales de sécurité.
Trouver de l’ordre dans le chaos
Les pressions mondiales s’accumulent simultanément de plusieurs directions. Stubb a rappelé que l’Europe fait face à des menaces sécuritaires actives de la part de la Russie, tout en subissant une pression politique intense de Washington.
Pour traverser cette période difficile, le continent doit impérativement mettre de l’ordre dans ses propres affaires. Mais le président finlandais a tenu à nuancer son propos : le projet européen est loin d’être une utopie sans défauts.
Les avancées se construisent toujours à travers un processus particulièrement désordonné. Stubb a observé un schéma historique récurrent dans la manière dont ce grand bloc politique parvient à résoudre ses crises majeures.
« Nous avons souvent tendance à présenter l’Europe comme un système parfait, mais la vérité, c’est qu’elle évolue toujours en trois étapes : une crise surgit ; le chaos s’ensuit ; puis une solution optimale finit par émerger », a-t-il conclu.












